Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi

Arto PAASILINNA

// Inutile d'en attendre la moindre conversation intelligente, il préférait se taire, ce qui, d'un autre côté, n'était pas un si mauvais choix car, quand il ouvrait la bouche, il n'en sortait que des âneries.

// - Tu m'as quittée. Mais pourquoi ? C'est ce que je me suis toujours demandé.
- Tu as les orteils trop courts.
Il expliqua que l'exceptionnelle petitesse des doigts de pied d'Irja l'avait amené à se demander s'il était bien raisonnable, tout compte fait, d'épouser une femme qui risquait de transmettre cette particularité à ses enfants et au-delà, jusqu'à la fin des temps, à toute la lignée des Ramekorpi.

// Quand le taxi de Sorjonen eut emporté Rauno Ramekorpi, Irja rappela Ulla-Maija Lindholm.

// La professeure de dessin ne put s'empêcher de faire remarquer que l'art funéraire était en général d'une naïveté inouïe, les monuments se ressemblaient tous et, quand ils étaient un tant soit peu originaux, se distinguaient par leur kitsch prétentieux.

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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Mary Ann SHAFFER & Annie BARROWS

// Grâce à Susan, mes cheveux et ma robe, je n'ai plus l'air d'une femme de trente-deux ans apathique et dépenaillée. J'ai l'air d'une superbe trentenaire dynamique et haute-couturée (ça devrait être un verbe).

// Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais.

// Au début, je n'avais aucune envie d'assister à des réunions littéraires. Ma ferme me donne beaucoup de travail et je n'avais pas de temps à gaspiller à lire des choses que des personnes qui n'ont jamais existé n'ont jamais faites.

// Réfléchis : je n'ai jamais vu ta maison, je ne sais même pas où tu habites. A New York, certes, mais dans quelle rue ? De quelle couleur sont tes murs ? Ton canapé ? Classes-tu tes livres dans l'ordre alphabétique ? (J'éspère que non.) Tes tiroirs sont-ils rangés ou en désordre ? T'arrive-t-il de chantonner -- si oui, quoi ? Préfères-tu les chats ou les chiens ? Les poissons ? Que diable prends-tu au petit déjeuner ? As-tu une cuisinière ?
Tu vois ? Je ne te connais pas assez pour tépouser.

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Le liseur du 6h27

Jean-Paul DIDIERLAURENT

// Désolé si je suis un peu en retard mais le 18h48 ce soir aurait dû s'appeler le 19h02.

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Le secret du mari

Liane MORIARTY

// Sa femme ne jurait jamais. Lorsqu'un gros mot lui venait, elle s'autocensurait et le rangeait soigneusement dans un Tupperware réservé à cet effet quelque part dans sa tête. A présent, elle avait ouvert le couvercle et savourait la fraîcheur et le croquant des mots emmagasinés pendant toutes ces années.

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Soleil de nuit

Jo NESBO

// Je n'étais jamais allé à un mariage. Qu'est-ce que cela dit d'un type de trente-cinq ans ? Pas d'amis ? Ou juste de mauvais amis, des amis que personne ne veut avoir et encore moins épouser ?

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Rosy & John

Pierre LEMAITRE

// On trouve toujours un arrangement avec la réalité, c'est le grand avantage des romanciers.

// La rencontre imprévue qui va faire basculer votre vie, la plaque de verglas sournoise, la réponse que vous donnez sans réfléchir... Les choses définitives ne mettent pas un dixième de seconde à se produire.

// Il se lève, il faut aller rendre compte au PR. Cette perspective le rassure. Le travail de ministre, c'est un emmerdement par minute. Président, c'est le triple.

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Le Livre des Baltimore

Joel DICKER

// Dans vingt ans les gens ne liront plus. C'est comme ça. Ils seront trop occupés à faire les zozos sur leurs téléphones portables. Vous savez, Goldman, l'édition c'est fini. Les enfants de vos enfants regarderont les livres avec la même curiosité que nous regardons les hiéroglyphes des pharaons.

// A partir de ce jour là, ils s'embrassèrent au moins une fois par jour tous les jours pendant trente-cinq ans.

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Le Bourreau de Gaudi

Aro Sainz DE LA MAZA

// Les problèmes, c'est le sel de la vie, chef. Sans les problèmes, la vie serait justement bien fade.

// Les médecins devraient mieux étudier le cerveau. On envoie beaucoup de fusées sur la Lune, ou sur Mars, et on ne sait rien de ce qui se passe dans le crâne. Il vaudrait mieux commencer par le début, non ?

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Elle & Lui

Marc LEVY

// Il t'arrive de prendre le bus ou le métro, de marcher dans les rues ? Les gens passent plus de temps les yeux rivés sur leurs portables qu'à regarder ce qui se passe autour d'eux. Le seul moyen d'attirer l'attention de nos jours, c'est en souriant sur un écran de smartphone, ce n'est pas de ma faute, mais c'est ainsi.

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L'Ombre du vent

Carlos Ruiz ZAFON

// Moi qui n'étais jamais sûr de rien, même de l'heure, j'acquiesçai avec la conviction de l'ignorant.

// A dix ans, Julian annonça qu'il voulait devenir peintre, comme Velasquez, car, argumentait-il, il rêvait de réaliser les toiles que le maître n'avait pas eu le temps de peindre au cours de sa vie parce qu'on l'avait obligé à faire le portrait des débiles mentaux de la famille royale.

// Le petit homme me regarda comme si je l'avais interrogé sur la quadrature du cercle.

// Méchants, non, rectifia Fermin. Imbéciles, ce qui n'est pas la même chose. La méchanceté suppose une détermination morale, une intention et une certaine réflexion. L'imbécile, ou la brute, ne s'attarde pas à réfléchir ou à raisonner. Il agit par instinct, comme un boeuf de labour, convaincu qu'il fait le bien, qu'il a toujours raison, et fier d'emmerder, sauf votre respect, tout ce qu'il voit différer de lui, que ce soit par la couleur, la croyance, la langue, la nationalité ou, comme dans le cas de M. Federico, la manière de se distraire.

// Des années d'enseignement lui avaient donné le ton ferme et didactique de celui qui est habitué à être entendu mais se demande s'il est écouté.

// Le sot parle, le lâche se tait, le sage écoute.

// L'attente est la rouille de l'âme.

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