Du thé pour les fantômes

Chris VUKLISEVIC

// Si elle parle, elle dira la vérité, puisqu'elle ne sait pas la retenir.


// [...] les gens qui doutent le moins sont infailliblement ceux qui se trompent le plus.


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Odette Toulemonde (et autres histoires)

Éric-Emmanuel SCHMITT

// Adulte, elle survola des études de droit et fréquenta surtout les bancs de l'université pour se fournir en fiancés.

C'est un beau jour de pluie


// Trente-cinq ans, ni beau ni laid, sympathique, beige de peau, de cheveu et d'oeil, il n'avait de remarquable que sa taille; perché à deux mètres, il s'excusait de dépasser ses contemporains par un sourire constant et une légère voussure des épaules.

C'est un beau jour de pluie


// Les femmes nous plaisent parce qu'elles arrivent enchâssées dans le chaton d'une énigme et cessent de nous plaire sitôt qu'elles nous intriguent moins.

La princesse aux pieds nus


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En garde

Amélie CORDONNIER

// Alexandre cesse enfin de faire les cents pas dans le salon pas assez grand pour en contenir autant.


// Je finis de débarrasser tandis qu'Alexandre allume une clope dans l'espoir d'éteindre sa colère. Il n'y a personne derrière mes gestes. Pilotage automatique.


// [C'était] le 17 octobre 2021, si j'en crois la date de mon post sur Instagram, et je la crois.


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La vraie vie

Adeline DIEUDONNÉ

// La principale fonction de ma mère était de préparer le repas, ce qu'elle faisait comme une amibe, sans créativité, sans goût, avec beaucoup de mayonnaise.


// Elle a souri un peu, sa tristesse est partie faire un tour dehors.


// "Maman, pourquoi t'as raté ta vie ?"

Cette phrase a surgi sans me laisser le temps de réfléchir ou de me taire. Elle m'a surprise au point que je me suis demandé si je l'avais vraiment prononcée. Ou si elle venait de quelqu'un d'autre.


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Journal d'un vide

Emi YAGI

// Encore un lundi. Il fait froid non ? Depuis toujours je déteste entendre ce genre de banalités. Tout ce qu'il me vient à l'esprit, comme réponse, c'est je suis bien d'accord, ou il parait qu'il va faire 2°C cet après-midi, ce qui nous fait une belle jambe.


// La fête de fin d'année s'étire horizontalement, sans début ni fin, sous la lueur abrutissante des lampes orange.


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Les filles de l'ouragan

Joyce MAYNARD

// Il me semblait que mon frère de possédait pas, comme les autres, cette qualité essentielle qui permettait d'aller au bout d'un journée.


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Le festin

Margaret KENNEDY

// Elle a juré de ne jamais être contrariée, et elle ne l'est jamais. Elle n'envisage même pas qu'une chose désagréable puisse un jour lui arriver.


// Le monde est plein de gens bien intentionnés et de vieilles dames bavardes.


// Il s'assit près d'elles dans un transat, prêt à parler, ou plus exactement à discourir, sur la question qu'elles voudraient. Une fois lancé, il permettait rarement aux autres de place un mot, mais il laissait toujours à ses victimes le choix du sujet à aborder.


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Les voleurs d'innocence

Sarai WALKER

// Lorsque mes parents quittèrent la pièce, le visage de Belinda était vide, ses yeux aussi troubles que des cailloux dans une rivière.


// Tous bavardaient et riaient, si bien que mon silence se fondait dans l'arrière-plan.


// J'adorais conduire ma voiture, chérissant la liberté qu'elle m'offrait. La Citroën était le seul de mes biens qui comptait. Bien sûr, j'avais des robes, des chaussures et des bijoux, mais tout cela pouvait être fourré dans une poubelle; c'était des objets éphémères. Ma voiture était capable - et elle le ferait un jour - de m'emmener n'importe où [...].


// Je voyais la carte routière d'Amérique de Rosalind qui dépassait de sous un dictionnaire, pliée n'importe comment; elle n'avait jamais été patiente.


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Reste

Adeline DIEUDONNÉ

// Sur le papier, c'était tentant. Il donnait des cours de menuiserie et je voulais menuiser. Il voulait un enfant, j'avais un ventre.


// Dormir près de lui chaque nuit, connaître ses gestes intimes, où il pose ses clefs en rentrant, comment il embrasse votre fils, ses rituels quotidiens, sa façon de ranger les courses, sa voix lorsqu'il prend un rendez-vous chez le médecin... Je ne sais pas. Il y a un prix à payer pour connaître ces détails-là. J'aurais aimé y accéder, découvrir chaque recoin de M. sans pourtant les côtoyer chaque jour.


// Ma grand-mère était l'aînée d'une fraterie de filles. (C'est curieux, il n'existe pas de mot pour désigner un groupe de soeurs, comme si le frère allait de soi, toujours. On pourrait dire une sororie ?).


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L'épaisseur d'un cheveu

Claire BEREST

// Etienne sourit machinalement, réépingla sur son masque facial l'air adéquat, Etienne reprit un verre.


// Vive avait été une enfant qui s'invite par accident quand les parents n'ont plus l'âge d'en avoir, et ne songent plus à se protéger les rares fois où ils remettent le couvert.


// Leurs parents étaient morts, il n'y avait plus de tour de contrôle pour que les gouttes d'information ruissellent jusqu'à eux.


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Mange, prie, aime

Elizabeth GILBERT

// Il est [...] important de lire chaque jour le journal pour savoir comment se porte le pape. Ici, à Rome, sa santé fait l'objet d'un bulletin quotidien dans la presse, exactement comme la météo, ou les programmes télé. Aujourd'hui, le pape est fatigué. Hier, le pape était moins fatigué qu'il ne l'est aujourd'hui. Nous espérons que demain le pape sera moins fatigué qu'aujourd'hui.


// Je ne passe pas inaperçue. Grande, blonde, le teint clair et rosé, je tiens moins du caméléon que du flamant rose. Où que j'aille [...] je me fais remarquer.


// [...] les italiens ont toujours entretenu l'idéal du bel farniente. La beauté de ne rien faire est pour eux le but suprême du travail, l'accomplissement ultime, celui qui suscite les plus vives félicitations. Plus on excelle dans l'art de ne rien faire, plus on sait s'en délecter, mieux on a réussi dans la vie.


// La Bhagavad-Gita – ce texte yogique de l'Inde ancienne – dit qu'il vaut mieux vivre imparfaitement sa propre destinée que vivre en imitant la vie de quelqu'un d'autre à la perfection.


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La goûteuse d'Hitler

Rosella POSTORINO

// "On peut vous offrir quelque chose ?" avait demandé Herta avec un retard impardonnable. Les gens de la campagne ne savent pas recevoir les hôtes de marque.


// Nous étions dix tubes digestifs et il ne se donnait sûrement pas la peine d'adresser la parole à des tubes digestifs.


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Le roitelet

Jean-François BEAUCHEMIN

// Il est venu ce matin encore frapper à ma porte. [...]. "Tu devrais écrire un livre dans lequel rien n'arrive." J'ai trouvé l'idée d'autant plus séduisante que j'ai sous la main, avec ma vie très banale, une grande quantité de matière à partir de laquelle travailler.


// [...] je préfère la plupart du temps me taire, ou sinon écrire quelques pages dans lesquelles le silence tient la place la plus importante.


// C'était une fin de journée d'une stupéfiante douceur, qui rendait la vie et la pensée faciles.


// C'est un conseil que je donne parfois aux jeunes gens qui commencent dans ce métier (si c'en est un) : appuyez-vous sur le regard bien davantage que sur l'imagination. Soyez peintres avant d'être poètes.


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GPS

Lucie RICO

// T'orienter est un vrai casse-tête. Depuis ton chômage, cette tendance s'est accentuée, mais elle n'est pas nouvelle. Tu es née à l'envers, dévoilant d'abord tes fesses au monde, en dépit de l'ordre établi et de la bienséance.


// Tu n'as aucune idée de la taille d'un hectare. Le mot t'inquiète, comme tous les mots commençant par un h muet. Un hectare doit être immense pour ne pas pouvoir se compter en mètres ou en kilomètres.


// Tu as sorti une bouteille de muscat puis t'es assise sur ton canapé, les bras croisés en attendant son arrivée. C'est dans cette posture que tu passes le plus claire de ton temps. Si tu tapais sur Google Images "Attente et désoeuvrement", tu trouverais ta position fétiche représentée dans toutes sortes de situations.


// Sous la couette, vous faites des tests issus de magazines féminins, du même niveau que ceux que Pôle Emploi te fera passer quelques années plus tard : Quelle fille es-tu ? Es-tu 100% fille ?


// Si un enfant meurt, c'est une tragédie. À partir de vingt ans, on parle de drame. À trente, c'est triste, et à partir de quarante, c'est seulement regrettable. La mort des octogénaires est dans l'ordre des choses.


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Long week-end

Joyce MAYNARD

// [...] Frank donnait une telle impression de calme et de détermination qu'on avait envie de rester avec lui. Sauf que c'était lui qui restait avec nous.


// À l'époque, nous habitions Enfield, dans le New Hampshire, le genre de bled où tout le monde sait ce que fait tout le monde. Où les gens remarquent le temps qui s'écoule entre deux passages de votre tondeuse à gazon, et, pour peu que vous repeignez votre maison d'une autre couleur que le blanc, ne cessent d'en parler dans votre dos.


// C'est un truc qui m'avait frappé récemment : l'habitude qu'ont les gens de s'emparer des problèmes des autres et de les rapporter à leur propre situation.


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Le goût du bonheur, Tome 3 : Florent

Marie LABERGE

// Une maison n'est que la coquille du souvenir, l'enveloppe, mais pas la chair ni l'odeur.


// Il y a un de ces silences que la plupart des gens supportent mal, surtout au téléphone.


// Sympathique, mais sans grandes qualités évidentes, Bertrand est annonceur radio depuis douze ans.


// [...] elle sait qu'il faut faire un tri dans la vie, sinon la vie le fait pour nous.


// Ils se taisent parce qu'elle l'a demandé. Elle a dit taisez-vous.


// Il porte des lunettes et ses yeux ont l'air tout nus quand il les enlève. 


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Le goût du bonheur, Tome 2 : Adélaïde

Marie LABERGE

// Adélaïde soutient qu'un peu de légèreté n'a jamais empêché le monde de trimbaler ses misères [...].


// Septembre est si doux, si plein d'été encore.


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